Paris, 11 dec 2006 (AFP) – Nicolas Sakozy a accepté de défendre, en tant que candidat à l’élection présidentielle, le principe de faire voter une loi sur la condition pénitentiaire au cours de la prochaine législature, a déclaré lundi la députée Christine Boutin, récemment nommée conseiller politique du candidat.
« M Sarkozy a accepté une loi pénitentiaire, il a dit qu’il était d’accord donc c’est déjà un premier pas », a déclaré Mme Boutin lors des 3èmes rencontres parlementaires sur les prisons, qu’elle co-organisait lundi à Paris avec le député PS André Vallini.
Christine Boutin, vient de renoncer à se présenter à la présidentielle pour soutenir M Sarkozy.
« Une mesure urgente insdispensable c’est d’éviter la surpopulation dans les prisons, de faire respecter la dignité humaine », a-t-elle encore déclaré, en ajoutant qu’il était nécessaire d’appliquer le principe « une place, une personne ».
Invité des rencontres parlementaires, l’ancien garde des Sceaux socialiste Robert Badinter a déclaré qu’ « une loi pénitentiaire paraît aujourd’hui indispensable », précisant que le « principe fondamental » de cette loi devra être de reconnaître au détenu « la permanence de sa qualité de citoyen ».
Selon M Badinter, le détenu est « une personne fondée à demander à ce ce que soient respectés (…) notamment la conservation de liens avec la famille, le droit à l’éducation et le droit à un travail justement rémunéré. »
Les « états généraux » des prisons, qui s’étaient tenus à la mi-novembre à l’initiative d’une douzaine d’associations dont l’OIP (Observatoire international des prisons), avaient conclu à la nécessité d’une loi pénitentiaire « fondatrice » d’un nouveau régime carcéral davantage respectueux des droits de détenus.
Organisés avec le soutien de M Badinter ils faisaient suite à la première enquête menée auprès des détenus français, dont les résultats avaient été publiés fin octobre.
Selon l’Administration pénitentiaire (AP), il y avait au 1er novembre 57 612 détenus dans les 188 prisons françaises, pour une capacité totale de 51 200 places. Le taux d’occupation moyen est d’environ 112%, mais il ne tient pas compte des grandes disparités selon le type d’établissement.