Seul le prononcé fait foi
Mes chers amis,
C’est pour moi une immense joie de vous retrouver.
Il y a 9 mois, je vous faisais part dans cette même salle, à ce même pupitre de mon intention de ne pas être candidate à la présidence de la République et de mon choix de soutenir Nicolas Sarkozy.
Cette décision lourde de sens, je l’ai prise en conscience, avec toute la réflexion qu’exige ces moments où les hommes sont exposés au regard de l’Histoire ; nous étions à la croisée des chemins. Il ne s’agissait pas de fuir mes responsabilités, de me délester de cette confiance que vous m’avez toujours témoignée : non, il s’agissait simplement de faire gagner la France !
Dans de telles circonstances, le destin d’un seul, ou d’une seule, n’est plus en question, et j’ai donc estimé qu’il était de mon devoir de faire la preuve de notre capacité à nous rassembler tout en cherchant la meilleure voie possible afin de défendre nos idéaux, pour porter au plus haut notre vision d’une société plus humaine.
C’est ce que nous avons fait, avec l’ensemble des forces de la Droite républicaine, et nous avons gagné.
9 mois se sont écoulés depuis ce jour de décembre où tout restait à faire et Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République.
Je veux que vous soyez certains de deux choses :
- La première est que je n’ai pas une seule seconde regretté mon engagement auprès de cet homme qui a su se montrer digne de l’espoir que la Nation a placé en lui et qui incarne aujourd’hui mieux que quiconque une France capable de croire de nouveau en elle-même.
Une France plus ouverte qui se refuse à contempler en silence le triomphe de la pensée unique,
une France apte à se réformer et qui n’accepte pas l’idée d’un déclin supposé inévitable.
Il n’y a rien d’inévitable, et c’est à la politique d’en faire la démonstration.
- La seconde chose que vous ne devez jamais oublier, je veux vous la témoigner simplement en vous disant « Merci », en mon nom et en celui du Président de la République. Car cette victoire, ce souffle qui éveille la France à une aube nouvelle, vous en êtes des artisans actifs.
Vous pouvez en être fier, car il n’y a jamais trop d’orgueil à servir ce en quoi l’on croit.
C’est sans doute en partant de ce constat, et conscient que notre message avait un puissant écho au sein de la société que le Président de la République et le Premier ministre m’ont demandé de rejoindre l’équipe gouvernementale en tant que Ministre du Logement et de la Ville et de la lutte contre la précarité et l’exclusion.
Cette nomination, qui marque une ère nouvelle dans l’action du FRS, c’est à vous que je la dois, vous qui m’avez accordé votre confiance, vous qui m’avez toujours encouragée.
Lorsque, épuisée par la dureté du monde politique, par les attaques personnelles et les coups portés, il m’arrivait de douter, il me suffisait de penser à vos visages, à vos encouragements, pour remonter en selle avec la rage au ventre et l’envie de poursuivre notre combat.
A visage découvert, avec vous qui avez rejoint le FRS et ceux qui le rejoindront, nous poursuivrons tous ensemble notre volonté de replacer l’Homme au cœur des enjeux sociétaux.
Ce combat est inscrit en lettre d’or dans les statuts du FRS; il s’agit de défendre la dignité de toute personne humaine, de la conception à la mort naturelle, avec la préoccupation du plus faible, du plus fragile.
L’avez vous remarqué ?
Les problématiques liées à la vie de la cité et au logement s’inscrivent totalement dans cette optique.
En effet, comment parler de dignité lorsque l’on est condamné à dormir dans la rue ?
Qui peut parler de dignité lorsque l’on survit dans un ghetto de misère, et que l’on peine encore à nourrir ses enfants dont le seul environnement est la violence et l’argent d’origine plus que douteuse ?
Je n’ai de cesse, à travers la tâche immense qui m’a été confiée, de porter cette vision d’une société qui fait de l’homme la priorité absolue. Et jamais, vous m’entendez, jamais, je ne sacrifierai mes convictions au nom de l’exercice du pouvoir.
Le pouvoir en soi n’est rien, et il ne m’intéresse pas, seule compte l’action !
Mais si le FRS est aujourd’hui un parti de gouvernement, c’est surtout parce que depuis de nombreuses années maintenant, le FORUM des républicains sociaux, dont vous êtes le cœur qui bat si fort, a su trouver sa place dans le paysage politique, là où il est pourtant si difficile d’exister.
Preuve est faite aujourd’hui s’il en était besoin, que nous sommes une force en mouvement, bien décidée à faire de nos différences une richesse pour le parti majoritaire.
Le FRS s’est montré capable de mobiliser l’opinion publique autour d’une thématique aussi large qu’essentielle, sur ce qui le différencie des autres formations politiques : la défense de la Vie.
La Vie, la vie de l’homme de sa conception à sa mort naturelle, sous toutes ses formes et dans ce qu’elle a de plus fragile, de plus exposée aux affres d’un monde en mutation.
La Vie, qui ne saurait se laisser manipuler comme une simple combinaison de molécules! J’ai d’ailleurs appris, il y a quelques jours, qu’outre-manche on venait d’autoriser la création d’un embryon mi-homme, mi-animal. Quelle image se font-ils de l’être humain !
Il ne s’agit pas de renier les avancées de la science, non, il s’agit simplement d’avoir conscience que l’étincelle d’existence n’est pas une matière première comme une autre.
Il n’y a rien d’obscurantiste là-dedans.
L’obscurantisme, c’est de croire que le progrès technique est une excuse à tout, qu’il est à lui seul la réponse au malaise social.
L’obscurantisme, c’est de faire de l’humanisme une préoccupation secondaire.
N’allez pas chercher dans mes propos une ode au conservatisme, car j’ai l’inaltérable certitude qu’il nous faut accepter le changement, pour la simple et bonne raison qu’une société figée est une société qui se meurt.
Seulement, et c’est bien là que l’action publique doit prendre toute sa part, il est de notre devoir de soutenir les plus faibles, ceux pour qui tout va trop vite, ceux pour qui l’existence est une errance sans repères ; il nous faut tendre à ces hommes et ces femmes la main de la solidarité nationale.
En d’autres termes, il nous faut accompagner le changement, et non le subir.
À l’approche d’échéances clefs qui influeront plus qu’aucune autre sur la vie locale de nos concitoyens, il nous faut redoubler d’effort.
Il ne faut pas gâcher l’adhésion populaire soulevée par le travail extraordinaire fourni pendant ces longs mois de campagne par les militants du FRS. Nous avons acquis une crédibilité qui nous interdit de nous défausser. Devenu force de proposition, il est de la responsabilité du FRS et de ses cadres de gravir la première marche de la vie politique. Nous voulions avoir une chance de changer le visage de notre pays, nous l’avons, alors saisissons-là !
Je vous enjoins donc, vous l’aurez compris, à vous engager dans cette nouvelle bataille que sont les élections municipales, je vous demande de faire la démonstration de la force et de la vitalité de notre mouvement aux quatre coins du pays. L’épreuve sera longue et difficile, mais en politique, le courage n’est pas une option, c’est un devoir !
Alors partez convaincre.
Partez persuader.
Partez défendre nos idées.
Partez clamer qu’avec vous la politique ne se fera plus jamais comme avant, qu’elle sera l’outil d’une majorité silencieuse qui aujourd’hui se reconnaît dans l’audace du Président de la République et dans la singularité de notre démarche.
Je peux vous assurer que c’est une très grande satisfaction d’agir pour sa propre commune – et j’en parle en connaissance de cause – puisque c’est par là que j’ai commencé.
Mon premier mandat fut en effet celui de conseillère municipale, je n’avais que 33 ans – un âge symbolique ! – et l’indicible envie de changer le Monde. Aujourd’hui, je suis Ministre de la République et chef d’une formation politique bien décidée à marquer son temps. Voyez que rien n’est impossible, il suffit de le vouloir ; chaque être humain a en lui la possibilité de changer la donne, de réécrire une partie de ce destin qui nous est commun.
Je le dis notamment aux Jeunes du FORUM, qui sous l’impulsion de leur président, Jacques Lefort, font un travail remarquable. Vous avez bien de la chance d’avoir toute la vie devant vous, alors donnez-vous les moyens de faire de grandes choses. Continuez de débattre et d’échanger comme vous l’avez fait lors de votre dernier week-end politique d’Aôut, laissez s’échapper votre créativité et votre audace.
Vos talents, je vous demande de les mettre aux services des Français en continuant de défendre cet idéal qui est le nôtre.
Il n’y a pas d’âge pour faire de la politique, il n’y a pas d’âge pour prendre conscience que le monde regorge d’injustices que les hommes sont les seuls à pouvoir réparer.
Alors emparez-vous de la politique, elle n’appartient à personne, elle est l’affaire de tous.
Cette étape nouvelle dans l’histoire de notre mouvement, j’ai voulu que nous la franchissions avec l’UMP, dont nous sommes l’un des partis fondateurs.
Aujourd’hui plus que jamais, nous entretenons avec l’ensemble des composantes de la Majorité présidentielle – dont nous sommes l’un des maillons – d’excellentes relations. Que ce soit au niveau local dans chacune de vos circonscriptions, ou sur le plan national – ce dont notre Délégué général peut témoigner –, la coopération est en marche. Et nous pouvons dire que c’est main dans la main que nous allons bâtir la France de demain, que c’est ensemble que nous allons changer le visage de nos villes et de nos campagnes.
Notre complémentarité fait de notre association une force, nous sommes je vous le dis dans une véritable logique gagnant gagnant.
L’UMP connait notre implantation au sein du monde associatif, et les relais dont nous disposons dans la société civile.
Ces deux éléments sont le socle de notre identité, ils fondent notre particularité.
Nous pouvons en effet nous féliciter d’en être là aujourd’hui, car qui peut se prévaloir au bout de cinq années d’existence de disposer de plus de 8000 adhérents et 35000 sympathisants. Et cela, rappelons-le sans aucun fonds publics.
Bien sûr que nous aurions pu, comme tant d’autres, présenter au minimum cinquante candidats dans 30 départements différents.
Mais à quoi bon? Avions-nous vocation à devenir des diviseurs ?
Je veux vous répondre clairement, NON !
Nous avons emprunté une voie difficile, celle des chemins escarpés. Mais voyez vous mes amis, c’est comme lorsque l’on explore les montagnes, c’est le chemin le plus étroit qui permet d’atteindre les plus beaux sommets. Cette difficulté nous oblige à davantage d’exigence envers nous-même : vous êtes les cadres du Parti et je sais que vous avez fait vôtre ce devoir d’exigence parce que vous en connaissez les enjeux.
Les élections municipales s’annoncent donc sous les plus beaux hospices, et je sais que je peux compter sur vous.
Notre société est la victime d’un paradoxe : elle est à la fois de plus en plus individualiste, faisant de chacun une proie de l’hyper compétition, du culte de la performance, et donne pour autant de moins en moins de place à l’individu, dans toute sa richesse.
C’est la cohésion sociale qui s’en retrouve ébranlée, c’est le lien entre tous les individus qui est mis à mal.
Il est de notre devoir de réinventer la société, et cela commence par une refonte de l’action de l’Etat. Le Président de la République s’y est engagé devant les Français, et je sais qu’il ira jusqu’au bout.
La table ronde de cet après-midi a révélé à elle seule de nouvelles pistes, elle a permis de montrer que les solutions qui se présentent à nous sont nombreuses.
La France ne souffre pas de trop d’idées neuves, et je ne doute pas qu’avec des hommes comme Martin Hirsch, que je remercie de nous faire l’honneur de sa présence, elles feront un long chemin.
Notre pays a choisi d’aller vers la voie de réformes profondes. L’aspiration politique manifestée par la victoire de Nicolas SARKOZY est clairement celle d’une double volonté : ne pas hésiter à rompre avec nos archaïsmes et rigidités, tout en soulignant que les valeurs qui ont nourri notre pays et construit son identité sont, et restent, notre meilleur atout.
Dans ce contexte, je tiens à manifester la cohérence et la fécondité de notre ligne politique :
- Je soutiens avec conviction la mise en place du Revenu de Solidarité Active. Il permet d’avancer dans la lutte contre l’assistance, ce piège qui enferme certains d’entre nous dans l’oisiveté. Il manifeste l’idée que celui qui se prend en main doit voir sa situation améliorée. Je suis heureuse d’appartenir à un gouvernement qui porte cette dynamique. Je crois par ailleurs qu’il s’agit clairement d’une étape vers une réforme plus profonde qui est celle de la mise en place du Dividende Universel.
- Je soutiens par ailleurs la perspective de transférer une partie du financement de notre pacte social sur la consommation. Tôt ou tard, nous devrons aborder de face la question de notre modernisation économique. Nous ne pouvons nous résoudre à maintenir un système qui fonctionne comme un « droit de douane à l’envers ». Les formes actuelles du financement de notre protection sociale sont aujourd’hui un handicap concurrentiel pour l’économie française.
Réduire la question de la TVA sociale, puisque c’est bien de cela qu’il s’agit !, à celle du pouvoir d’achat est une façon démagogique de préférer le statu quo à la modernisation. C’est une façon honteuse de préférer les délocalisations et le chômage au dynamisme économique et à la création d’emploi. Nos entreprises ont des « semelles de plomb » dans la course internationale. Les premières victimes sont ceux qui cherchent un emploi.
Avec la force d’un engagement clairement axé sur la défense prioritaire des plus pauvres, j’affirme que cette question est inéluctable et que je participerai aux débats qui s’annoncent pour montrer que la TVA sociale n’est en rien un « cadeau aux entrepreneurs » mais nous engage vers la voie du bien commun.
J’entends bien que la question du pouvoir d’achat ne peut pas être esquivée pour autant. Mais il me semble que la vraie question est, plus encore, celle du partage de la richesse. Les craintes sur le pouvoir d’achat sont d’abord celles de population touchée directement par la précarité et l’insécurité sociale qui en résulte.
Aujourd’hui, nul ne peut penser être à l’abri d’une rupture professionnelle, d’une rupture familiale ou d’un problème de logement.
C’est pourquoi l’accompagnement de la modernisation économique de notre pays passe par un projet vigoureux pour reconstruire nos filets de sécurité.
Vous connaissez mon attachement personnel à voir, un jour, mis en place le Dividende Universel. Je continuerai de porter ce projet parce que j’ai la conviction sincère qu’il est une réponse pertinente aux maux dont souffre ce siècle qui commence.
Faut-il être aveugle pour ne pas voir que l’homme est en lui-même une richesse, en dehors de simples considérations économiques.
Lorsque Jean-Pierre Raffarin m’a confié en 2002 la rédaction d’un rapport sur l’Isolement, le Dividende Universel m’est apparu comme la meilleure des réponses, tant il est vrai qu’à lui seul et sur tous les sujets il décline notre souhait de voir défendue la dignité de l’homme.
L’humanité, voici notre lien, voilà ce trésor qu’il nous faut préserver et défendre envers et contre tous les fatalismes.
Comme Ministre du Logement, je tiens à dire que les crispations connues sur le marché immobilier, entre bailleurs et locataires notamment, découlent pour une bonne part des craintes liées au risque de se trouver face à quelqu’un qui n’a plus rien pour payer son loyer. Le manque de fluidité du marché est ainsi un écho aux nécessités de reconstruire nos sécurités sociales.
Comme Ministre de la Ville, je tiens à dire que la multiplication des dispositifs spécifiques a contribué à construire des ghettos. Nous devons mener une politique de désenclavement des villes, en cessant de parler des « quartiers » comme s’ils étaient coupés du reste de la ville. Plus profondément, nous devons retrouver un projet politique qui manifeste notre fraternité et notre appartenance à un avenir commun. Nous devons montrer que la France n’est grande que lorsqu’elle porte des valeurs universelles… et aussi lorsqu’elle sait incarner cette dimension universelle dans ses choix politiques nationaux. Une part de la crise des villes et est une crise d’appartenance à la France. Le dividende universel nous permet de retrouver un projet politique à la hauteur de cette attente.
Comme Ministre chargé de la lutte contre la précarité et l’exclusion, ce n’est pas dans mon titre mais cela fait bien partie de mes compétences, je tiens à dire qu’il est temps de passer à un braquet supérieur. Notre solidarité doit être reconstruite pour être, à la fois plus forte et plus responsabilisante.
Nous sommes ici au cœur de la rupture appelée par nos concitoyens. Nous ne voulons plus de juxtapositions de petites réformes qui perpétuent des méthodes dépassées sans voir que les résultats ne sont pas au rendez-vous. Ainsi, la multiplication des politiques ciblées, l’incessante multiplication des niches, a aujourd’hui pour conséquence un terrible constat :
- ceux qui en bénéficient sont montrés du doigt ;
- ceux qui ne rentrent pas dans les cases subissent les effets de seuils ;
- et ceux qui payent n’acceptent plus le coût de la solidarité.
Ce constat ne peut plus durer !
Comme Présidente du FRS, parti fondateur de l’UMP, comme membre de l’équipe dirigeante de l’UMP et comme acteur politique du pôle social de la Majorité Présidentielle, je demande donc au Premier Ministre d’engager ses services dans une expertise des solutions qui nous permettront de dynamiser et de renforcer notre protection sociale. Le Dividende Universel est une des solutions que l’on retrouve en filigrane dans les propositions des uns et des autres. La réflexion doit être menée, l’expertise doit nous permettre d’avancer sans tabou.
Soyez assurés que nous continuerons de travailler sur les moyens de mise en œuvre de ce chantier d’envergure. Car je veux comme vous que le FRS soit une force de proposition au service de l’intérêt général, c’est sous cet angle que j’envisage aujourd’hui notre action, et que je vous demande de la conduire avec moi.
Aujourd’hui, j’entrevois l’immense cohorte de ceux qui sont susceptibles de nous rejoindre. Le langage du symbolisme mallarméen parlerait « du transparent glacier des vols qui n’ont pas fui ».
Allez les chercher, partez les convaincre !
Continuez à compenser notre manque de moyens par cette énergie que vous manifestez !
Mes chers amis, en conclusion de cette journée de travail, je souhaite remercier chacune et chacun d’entre vous, cadres du FRS. Je compte sur vous, parce que chacune et chacun d’entre vous donne à l’Homme de ce nouveau siècle une raison supplémentaire d’espérer.
Je vous remercie.
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