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L'Interruption Volontaire de Grossesse
Accompagner les femmes dans le choix de la vie

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Femme enceinteTrente ans après la loi de 1975 autorisant l’Interruption Volontaire de Grossesse, les sensibilités sont encore tout aussi exacerbées. Comment pourrait-il en être autrement sur la question du début de la vie ? Alors qu’une femme sur deux, en France, subit une IVG au cours de son existence, le FRS, qui prône le respect de la dignité de la personne " de sa conception à sa mort naturelle ", prend le parti d’aborder la problématique de l’avortement de façon non passionnelle et responsable. D’autant qu’aujourd’hui, même les promoteurs de l’IVG se désolent que leur nombre n’ait pas diminué avec le développement de la contraception et reconnaissent le traumatisme encouru par les femmes et  leur entourage. 
 

Sondage de l’Institut BVA de 2001, sur un échantillon de femmes de 18 ans et plus :

78% des femmes interrogées souhaitent davantage d’aide pour éviter le recours à l’IVG.
37% des femmes attribuent aux conditions matérielles la décision d’avorter, 29% à l’avis du corps médical, 17% à l’entourage.
86% considèrent que l’avortement laisse des traces psychologiques.


Pourquoi le nombre d’avortements n’a-t-il pas baissé en France depuis 30 ans ?

foetus suçant son pouce

Contrairement à ce que prédisaient les promoteurs de la loi de 1975 et les mouvements féministes, qui annonçaient des " IVG marginales ", le nombre d’avortements n’a pas diminué (plus de 220 000 par an selon l’INSEE, pour 760 000 naissances, avec une  augmentation relative substantielle chez les jeunes femmes de moins de 25 ans), alors que le développement de la contraception aurait théoriquement dû y contribuer.

La liberté des femmes sous pression

Le professeur Nisand, auteur d’un rapport sur l’IVG en 2000 pour le gouvernement, bien que favorable à l’avortement, dénonce un "ordre moral contraceptif". Tout se passe comme si une femme découvrant une grossesse imprévue avait le devoir d’avorter, puisque son enfant ne serait pas " programmé ".Alors qu’il est reconnu que les " accidents de contraception ", tels que l’oubli de la pilule, peuvent constituer ce que les psychologues appellent " une ambivalence vis-à-vis d’un désir de grossesse ".

Ce modèle socioculturel de " l’enfant au mauvais moment " contraire à un prétendu " devoir de planification " très culpabilisateur, souvent relayé par l’entourage proche de la femme enceinte, est fondé sur des croyances sociales très contraignantes : une maternité précoce apparaît comme un frein au déroulement d’une scolarité ou d’un démarrage professionnel pour les moins de 25 ans et une maternité " de trop " pour les plus de 35 ans, dans une société encore inégalitaire envers la femme, notamment en matière de carrière professionnelle. Cette appréhension de la maternité par la négative requiert de s’interroger sur la véritable place de la femme et de son enfant dans notre société et de sa dite libération.

Le comble est atteint quand ceux-là mêmes qui défendaient la loi de 1975 au nom du fait qu’elle ferait diminuer le nombre d’avortements, renoncent à leurs illusions à propos de la contraception, et finissent pas considérer comme "incompressible" le nombre d’avortements ainsi " stabilisé ". L’IVG est pour finir considérée comme un passage obligé dans la vie d’une femme, le prix à payer d’une liberté soit disant retrouvée.

Pour qui se donne la peine de prendre connaissance de la souffrance morale et physique des femmes ayant avorté ou de celles qui s’y sentent socialement et économiquement contraintes, cette posture demeure insoutenable.

Les propositions

1/ L'élimination volontaire d’un petit être humain pose un problème de fond à la société. Les médecins qui pratiquent les avortements subissent de front une contradiction, eux dont l’obligation est la sauvegarde de la vie. Leur décalage avec l’exécution de la loi est cause de malaises et de malentendus. Les ignorer n’est pas politiquement responsable.

2/ Pourquoi parler de liberté de choix quand les circonstances et le corps social laissent croire qu’il n’y a pas de choix ? La revendication de la liberté de choix des femmes n’est pas justifiée : la réelle détresse affective, sociale et économique de certaines femmes tentées d’avorter les conduit le plus souvent à ignorer les possibilités de garder l’enfant.

3/ Au nom de la liberté de choix des femmes, de la solidarité et de l’assistance aux situations dites de détresse, l’avortement ne saurait être présenté comme la seule solution. Le comportement machiste à l’égard de la femme enceinte, considérant l’avortement comme une évidence, renie le principe d’égalité entre l’homme et la femme, et replace celle-ci sous des pressions psychologiques d’un autre âge. L’avortement, supposé libérer la femme, contribue à déresponsabiliser l’homme, le conjoint, le père.

4/ La souffrance des femmes qui ont avorté doit être reconnue. L’avortement, même s’il est considéré comme un droit et un progrès social par notre législation, reste un acte qui met un terme à une maternité. Ne pas reconnaître le syndrome post-abortif, c’est faire subir à tout le corps social les mêmes conséquences que celles des autres souffrances tues.

5/ La pratique de l’accompagnement des femmes traumatisées par leur avortement permet de mesurer l’ampleur des désastres personnels et sociaux d’un acte indûment banalisé, dont les répercussions conjugales, sociales et économiques sont innombrables. L’accompagnement dans leur détresse des femmes confrontées à l’avortement appelle une politique de prévention qui s’avère une véritable urgence humanitaire, sanitaire et sociale.

6/ La politique de prévention de l’avortement, déjà si peu développée, ne peut se réduire à la seule promotion de la contraception. Les femmes qui avortent se sentent souvent trahies par les organismes d’accueil pour ne pas avoir été prévenues de toutes les conséquences de l’avortement. La plupart considèrent après coup ne pas avoir disposé des éléments nécessaires à un véritable choix.

 

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