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13/03/2007
Le Monde : Les candidats à la présidentielle divisés sur l'euthanasie

La question de l'euthanasie s'invite dans la campagne présidentielle avec l'ouverture, lundi 12 mars à Périgueux, du procès d'un médecin et d'une infirmière comparaissant pour "empoisonnement".

Dans leur manifeste "Nous, soignants, avons, en conscience...", publié le 8 mars, plus de 2 000 professionnels de santé ont aussi, en demandant la dépénalisation de l'euthanasie, forcé les candidats à se prononcer sur le sujet.


Lors de l'émission "J'ai une question à vous poser" sur TF1 à la mi-janvier, Ségolène Royal avait déclaré : "Je pense qu'il faut avoir le courage d'ouvrir le débat sur cette question-là", racontant avoir elle-même "été confrontée à ce drame terrible" lors du décès d'un de ses amis "dans des souffrances épouvantables".

Le projet du Parti socialiste est plus précis : "Nous saisirons le Parlement d'un projet de loi 'Vincent Humbert' sur l'assistance médicalisée pour mourir dans la dignité", affirme le projet, précisant que cette "loi aura pour objet de permettre aux médecins, dans des conditions strictes du respect de la volonté de leur patient et d'accompagnement, d'apporter une aide active aux personnes en phase terminale de maladie incurable, ou placées dans un état de dépendance qu'elles estiment incompatible avec leur dignité".
Le reste de la gauche est partagée sur la question de la fin de vie : si, comme le PS, les Verts et la LCR sont favorables à une dépénalisation de l'euthanasie, le débat est loin d'être tranché au sein du PCF.

Le candidat UMP à la présidentielle, Nicolas Sarkozy, a évoqué la question de l'euthanasie le 11 février, estimant qu'il y avait "des limites à la souffrance" et invitant à aborder cette question "en partant moins des principes et plus de la souffrance". Pour M. Sarkozy, "on ne peut pas rester les bras ballants face à la souffrance d'un de nos compatriotes qui appelle à ce que ça se termine, tout simplement parce qu'il n'en peut plus".

Cette déclaration a semé le trouble dans sa famille politique : "Il est impératif que Nicolas Sarkozy clarifie sa position, a déclaré Christine Boutin. Mon soutien est loyal et total, mais une avancée sur l'euthanasie, je ne l'accepterai pas." Beaucoup, à droite, jugent suffisante la loi Leonetti d'avril 2005, autorisant le "laisser mourir" et permettant, sous certaines conditions, l'arrêt des traitements à la demande des patients.

Jusqu'ici favorable au maintien du statu quo, François Bayrou a déclaré, le 15 février sur France 2, qu'il était "pour que l'on ne laisse pas souffrir les gens et que l'on ne prolonge pas inutilement leur vie".

Le programme de Jean-Marie Le Pen stipule qu'il faut "refuser l'euthanasie médicalement assistée mais autoriser l'arrêt clairement exprimé de l'acharnement thérapeutique". Marine Le Pen, vice-présidente du Front national, a jugé "extrêmement dangereux" de légiférer sur l'euthanasie, mais appelé à "une grande réflexion sur la fin de la vie".

Le MPF de Philippe de Villiers indique, sur son site Internet, que le candidat "refuse l'euthanasie et préconise le développement de centres de soins palliatifs".
Le Monde.fr

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